mardi, 15 février 2022 08:25

Troubles thyroïdiens

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La glande thyroïde est localisée dans la partie antérieure du cou en avant de la trachée, sous le cartilage thyroïde qu’on appelle également « pomme d’Adam). Elle pèse environ 25g mais cela peut varier en fonction des situations pathologiques comme les goitres.

 Les hormones thyroïdiennes

 

Elle joue de multiples rôles dans le corps humain :

- accélèrent la circulation du sang

- assouplissent les muscles et les articulations

- régulent le métabolisme

- stimulent le cerveau

- réchauffent le corps

- détoxifient et drainent l’organisme

 

Il existe principalement deux hormones thyroïdiennes :

- la tri iodo thyronine T3

- la tetra iodo thyronine ou tyroxine T4

Elles sont les seules molécules de l’organisme à posséder de l’iode.

 

Rôle, synthèse, régulation et mécanismes d’action

 

Il y a davantage de T4 que de T3 synthétisée dans la glande thyroïde (seulement 20% de T3 est obtenue directement à partir de la thyroïde) : elle constitue une forme de réserve, une pro-hormone nettement moins active que la T3.

La T4 et la T3 circulent dans le sang sous deux formes en équilibre : l’une libre et l’autre liée à des protéines de tranport (TGB « thyroxine binding globulin », préalbumine et albumine)

 

La thyroïde produit 100% de T4 et seulement 20% de T3, 6% de T3 reverse : la conversion de la T4 en T3 est principalement hépatique (un peu rénale).

 

La durée de vie de la T3 est de 24h et celle de la T4 6 à 7 jours : la plus grande partie (80%) de la T3 est issue de la conversion périphérique de T4 en T3. Les enzymes « desiodases » sont des enzymes clefs de la formation des T3 et dépendent entre autres de la quantité en sélénium.

 

Il existe des inhibiteurs de l’action de cette enzyme « 5’ Déiodase » :

- médicaments (Béta bloquant par exemple)

- déficit en sélénium et en zinc

- excès d’œstrogènes

- excès de cortisol, de catécholamines

- stress (émotionnel et psychologique)

- excès de protéines, carence en glucides

- maladies chroniques, notamment des maladies inflammatoires et l’excès de radicaux libres,

- altération des fonctions du foie et des reins

- métaux lourds (mercure, plombs, herbicides, pesticides

 

Il existe des facteurs d’activation de la T3 reverse :

- l’élévation du taux de cortisol

- la diminution du sélénium

- l’inflammation

- l’augmentation de l’adrénaline

- le stress oxydant

- le vieillissement

- les maladies chroniques

- le surpoids, l’obésité, l’insulino-résistance

- les métaux lourds tels que le mercure, le plomb...

 

 Les hypothyroïdies frustes

 

Sa prévalence est de 4 à 8% de la population générale, avec une prédominance féminine. Elle représente jusqu’à 16% au-delà de 50ans, et souvent liée à un déficit en iode. Elles sont 2 à 3 fois plus fréquente chez les patientes hypercholestérolémies.

 

L’évolution est de 1/3 vers une hypothyroïdie clinique, 1/3 restent stables et 1/3 régressent spontanément.

 

L’hypothyroïdie fruste doit être suspecter si la TSH est > 2mUI/L avec :

- frilosité, extrémités froides, varices

- réveil difficile avec raideurs, fatigue, dépression

- reflux, gastrite, lithiase, constipation

- tendance à la prise et difficultés à la perte de poids

- hypercholestérolémie

- fragilité et pousse lente des phanères

- la peau et les yeux secs (mauvaise conversion du béta carotène en vitamine A au niveau du foie, comme elle dépend de la T3)

- trouble de la mémoire et de la concentration

- fragilité infectieuse ORL et urinaire

- difficultés scolaires et comportementales

 

Principales causes :

- origine congénitale

- origine toxicologique (métaux lourds ou encore perturbateurs endocriniens)

- origine NUTRITIONNELLE (carences en iode, zinc, sélénium, fer, vitamine D…)

- origine auto-immune : thyroïdite d’Hashimoto

- la grossesse : carence en iode, risque de thyroïdite du post partum (entre el 3eme et 6eme mois du post partum)

- origine iatrogène (prise d’amiodarone, lithium, bétabloquant, contraception orale mais aussi les thyroïdectomie, radiothérapie cervicale)

- origine infectieuse : thyroïdite sub aigue de De Quervain

- leaky gut, inflammation de bas grade, déséquilibre du microbiote intestinal

- carence en oméga 3, excès de T3 reverse

 

 Micronutriments et thyroïde

 

IODE :

Selon l’OMS en 2007, 2 milliards d’individus sont déficitaires dans le monde, la France reste un pays à risque de déficit en iode.

 

Les sources d’iode alimentaires : 

Algue marine : 7000 ug

Morue fraiche : 500ug

Hareng fumé : 100ug

Soja : 100ug

Crustacés : 30ug

Haricots verts : 30ug

Laitages : 20ug

1 œuf : 4 à 10ug

Viandes : 5ug

Sardine : 1ug

Eaux (régions normales) : 2-15ug

Eaux (régions à goitres) : 0,1- 1ug

 

Besoins en iode : les recommandations varient en fonction de l’âge et de la situation.

- de la naissance à 12 mois= 50ug/j

- 1 à 6ans : 90ug/j

- 7 à 12 ans : 120UG/j

- A partir de 12 ans : 150ug/j

- Femmes enceintes, allaitement : 200 à 250ug.j

 

--> L’étude SU.VI.MAX a montré que 20,3% des femmes avait des apports en iode < 100ug/j

Dans la région Ile De France, l’iodurie moyenne est de 88ug/l pour les hommes et 84ug/l pour les femmes.

 

SELENIUM

- Il agit sur le stress oxydant, la thyroïde étant le siège d’une production intense de radicaux libres ;

- les 5’ désiodases sont des « séléno-enzymes » la carence en sélénium entrainera une augmentation de la synthèse de r-T3 ou T3 reverse).

- Plus le taux de sélénium est bas, plus la grande thyroïde augmentera du volume jusqu’à aller éventuellement vers un goitre.

- le déficit en sélénium aggrave les effets des déficits en iode.

- Une supplémentation en sélénium réduit les anticorps thyroïdiens (TPO) de 40% en 3 mois dans une étude prospective en aveugle contrôlée chez des patientes soufrant d’une thyroïdite auto-immune.

 

--> Il y a donc un intérêt d’associer le sélénium et à l’iode.

 

FER

- le déficit en fer abaisse la T3 et la T4 dans le sérum

- le déficit en fer diminue la production de T3 par diminution de l’activité de l’enzyme 5’ désiodase

- le déficit en fer diminue la réponse à la TRH

- le déficit en fer diminue le turn-over des hormones thyroidiennes.

 

ZINC

- le déficit en zinc entraine une augmentation du stress oxydant et une diminution de la synthèse de TRH et de TSH.

- le déficit en zinc entrainera une diminution de la synthèse des hormones thyroidiennes.

 

VITAMINE B et MAGNESIUM

- chez les sujets hypothyroïdiens, les niveaux d’acide folique sont bas : malabsorption ?

- il y a un lien important entre hypothyroïdie, méthylation et homocystéine.

 

EXTRAIT DE MYRRHE

- Il contient des « guggulstérones » extraits du Commiphora Mukul : il s’agit d’un extrait de gomme-résine produite par un arbre.

- Il augmente la production de T3, il diminue le cholestérol et favorise la perte de poids en augmentant le métabolisme de l’organisme.

 

L-TYROSINE

- C’est un acide aminé qui s’associe à l’iode pour former la « mono-iodothyrosine » et la « di-iodotyrosine ».

 

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